Les séjours de silence, nouvelle tendance voyage de 2024

Les séjours de silence sont à la mode cette année. C’est ce qu’indique un récent article du CNtraveller (en anglais). Nous connaissions déjà le tourisme du bien-être et de la santé, notamment les centres de cures thermales, la thalassothérapie, ou les simples séjours en pleine nature pour nous ressourcer. Les séjours axés sur la reconnexion aux éléments et à soi-même connaissent un véritable essor ces dernières années. Pendant la pandémie et ses confinements, bon nombre de citadins ont fait le choix de quitter les centres-villes pour s’installer en campagne. Certains choisiront radicalement de  changer d’environnement sur le long terme. Dans cet article de blog, je vous parlerai des retraites de silence et de détox numérique. Je vous expose cette nouvelle tendance voyage qui explose dans le tourisme du bien-être. Nous verrons ce que signifie et implique le silence, l’aspect écoresponsable de ce type de séjour. J’évoque aussi mon expérience dans un ashram en Allemagne.

 

Qu’est-ce qu’un séjour de silence ?

Le silence, la nouvelle tendance voyage bien-être

Nous connaissions les cures en thalassothérapie. Elles sont intemporelles. Les stages de yoga sont, quant à eux, en vogue ces dernières années. Pour d’autres, les vacances bien-être sont synonymes de plein air et de sobriété. Randonnée en montagne, camping à la mer, soins ponctuels en spa ou location d’hébergement proposant des prestations de bien-être. Prendre soin de soi pendant ses congés, c’est plus que tendance, c’est devenu nécessaire dans notre société sursollicitée. Terminées les vacances marathons au cours desquelles on essaie de voir le plus de sites possible. Décompresser prend aussi toute sa place dans nos vacances d’aujourd’hui.

C’est d’ailleurs ce que j’ai expérimenté en Normandie en 2019 dans un centre ayurvédique à l’occasion d’un stage de yoga. Puis en 2023, je me suis rendue dans un ashram en Allemagne. J’ai eu la chance d’effectuer un stage de silence, mêlant, méditations, yoga, connaissance, dans un cadre régénérant.

Où partir ?

Une retraite spirituelle peut se faire en monastère ou en ashram. Un séjour en silence peut se faire en hébergement individuel, avec un accompagnement ou un cadre bien sûr. Vous pouvez aussi louer votre hébergement en pleine nature, comme une tiny house et profiter des bienfaits d’une détox numérique. Vous adonner à des activités telles que la marche à pied en silence complètera vos vacances. La société britannique Unplugged ou encore la plateforme française We go GreenR proposent des locations qui se prêtent à cette typologie de vacances. Les possibilités sont variées.

Le silence est d’or

Le bruit est responsable du stress, surtout si on n’a aucun contrôle sur lui, précise Anne-Sophie Fluri dans l’article du CN traveller. Des études ont également démontré que la pollution sonore conduit à divers problèmes de santé, notamment la dépression et les maladies cardiovasculaires. Qui n’a jamais connu de troubles de voisinage ? Ce type de nuisances est un véritable fléau dont les conséquences sur la santé mentale sont souvent minimisées.

De plus, à l’ère du numérique, nous sommes de moins en moins habitués au silence. Pour certains le silence est synonyme d’angoisse, car ils n’ont pas appris à l’écouter et cherchent absolument à le combler. La nature a horreur du vide ! Notre cerveau est sans cesse sollicité, car nous le voulons bien. Nous avons trop souvent tendance à penser qu’un cerveau qui fonctionne à plein régime et en permanence est bon signe. Il révèle que nous sommes performants et ultra-créatifs. Ce qui contribue à flatter notre égo. Toutefois, le nombre croissant de cas de burnout démontre à quel point la charge mentale ne joue pas en notre faveur.

Ne devrions-nous pas laisser au repos notre cerveau de temps en temps ? Voire plusieurs minutes par jour ? Et ne faire qu’une seule chose à la fois ?

Le calme et le silence apportent d’innombrables bienfaits au corps et à l’esprit. Ils nous permettent de mieux gérer le stress, d’appréhender nos ressentis.

Méditer en silence n’est pas une perte de temps, c’est se régénérer pour vivre pleinement le reste de sa journée. En silence, on peut apprendre à dompter nos pensées. Le pratiquer permet même de stimuler la créativité. De plus, il paraît qu’il contribue à créer de nouvelles cellules. Alors, pourquoi s’en priver ?

 

Les origines  : la retraite Vipassana

Une retraite de silence s’inspire de la pratique bouddhiste appelée Vipassana. Essence même de la méditation, cette discipline a été créée par Bouddha il y a 2500 ans.

Le terme Vipassana peut être défini comme « la lumière intuitive apparaissant brusquement et révélant la vérité sur l’impermanence, sur la misère et sur l’impersonnalité de tous les phénomènes corporels et mentaux de l’existence » (Wikipedia). Son but est aussi de nous faire prendre conscience de la vacuité et de nous libérer de notre égo.

Ce type de méditation consiste à s’asseoir en silence et à observer et ressentir les yeux fermés les mouvements de son abdomen pendant la respiration. Une technique pas forcément évidente, mais puissante pour calmer le mental. Lorsque le mental s’apaise, il fait place au vrai silence. Le silence de l’esprit et de l’âme par extension. Les ruminations disparaissent, les injonctions aussi. N’est-ce pas là le bonheur ?

Un esprit calme contribue à mieux vivre sa vie. Vous ne vous laissez plus emporter par vos émotions. Vos blocages et démons du passé laissent place à la paix intérieure. Vous êtes à la fois plus lucide et prenez davantage de recul face aux situations. Ce sont là les bienfaits de la méditation. À condition de la pratiquer régulièrement.

Combien de temps sans parler ?

Une retraite Vipassana peut se faire en France ou même en Inde, dans l’Himalaya par exemple. Sa durée est variable. Vous pouvez choisir de faire silence le temps d’un week-end si vous n’avez jamais pratiqué. Si vous êtes un habitué et méditant chevronné, une dizaine de jours ne vous effraiera pas.

Pour ma part, j’ai effectué ma première retraite en Allemagne et ai gardé le silence pendant 4 jours. Je pense que j’aurais pu continuer plus longtemps, car il m’a été difficile de me remettre à parler. Je n’en avais tout simplement pas l’envie. Il ne s’agissait pas de Vipassana, mais d’un autre type d’expérience. Celle-ci mêlait yoga, connaissance, méditations, service désintéressé, promenade dans la Forêt noire.

Si vous souhaitez lire le récit de mon expérience, consultez mon article dans lequel je vous raconte mon séjour.

 

Un voyage responsable

Réduire sa consommation

Être en silence implique de se recentrer. En vous reconnectant à vous-même, en supprimant les divertissements extérieurs. On a toujours tendance à rechercher des solutions et des distractions à l’extérieur. Mais lors de ce type de séjour bien-être, vous vous retrouvez en face à face avec vous-même. Vous consommez donc moins. Moins de données et de bande passante, puisque vous aurez mis votre smartphone et votre tablette de côté pendant quelques jours.

De plus, une marche dans la nature n’aura aucun impact sur celle-ci. Marcher sur des sentiers prévus à cet effet ne pollue pas. En nombre restreint, vous n’abîmez pas l’environnement.

Changer son alimentation  

La sobriété dans l’alimentation contribue à ce séjour de silence, qui se veut plus respectueux de vous-même et de l’environnement.

En retraite de silence, vous mangez végétarien dans le respect de la culture de ses origines. Vous mangez aussi moins qu’à l’accoutumée. Ceci afin de contribuer à une digestion rapide et à des méditations plus profondes. En effet, plus vous mangerez et plus méditer sera difficile, car votre énergie se focalisera sur le processus de digestion. Vous n’aurez pas l’esprit libre pour méditer. Pire, vous risquez de vous endormir afin de digérer un repas trop copieux. Méditer n’est pas dormir, au contraire !

De bonnes habitudes

Vous êtes invité aussi à ne plus consommer d’alcool ni d’aliments qui ne vous nourrissent pas. Nous sommes ce que nous mangeons. C’est pourquoi nombre de centres proposent un régime ayurvédique à base de produits écologiques. Les friandises et le sucre, raffiné notamment, est donc à éviter, comme les aliments qui génèrent des comportements compulsifs. Moi qui pensais ne pas pouvoir me passer de chocolat noir, j’ai réussi à oublier l’envie. Et pourtant j’en mange chaque jour, en prétendant que j’en ai besoin.

 

Détox numérique, pilier du séjour de silence

Plus de distractions

Pour les citadins, la pollution sonore peut, à la longue, devenir néfaste pour la santé. Même si l’on ne vit pas en ville, le silence peut se faire rare. Nous vivons dans un monde qui ne laisse plus de place au silence. Aujourd’hui le son est partout. Que ce soit avec les nouvelles technologies smartphone, lecteurs MP3, podcasts et livres audios. Tout est prétexte à couper court au silence. Notre attention est aussi constamment sollicitée. Publicité, notifications, les occasions de nous retrouver seuls avec nous-mêmes se raréfient.

Nous sommes constamment abreuvés de contenus textuels, visuels, audios, mais aussi injonctions qui martèlent notre tête, c’est un brouhaha permanent. Alors comment le silence peut-il se réinstaller dans notre quotidien ?

Véritable sevrage

En commençant par couper nos ordinateurs et nos téléphones portables. La détox digitale fait donc partie intégrante d’une expérience de silence. Pendant une retraite, on ne parle pas. Mais on ne communique pas non plus par écrit. Autrement dit, on n’envoie pas de SMS ni d’e-mails. On n’écoute pas la radio, on ne lit pas la presse. Vous aurez donc au préalable posé quelques jours de congé. Il est conseillé de prévenir vos proches que vous ne serez pas joignables pendant votre retraite (sauf urgence naturellement). Lors de ma propre expérience, nous étions également invités à ne pas lire.

Le but est de nous retrouver seuls avec nous-mêmes, à n’avoir aucune distraction de l’esprit. Un véritable face-à-face avec nos pensées et notre intérieur. Et dans un environnement propice à la contemplation, ce sont des moments privilégiés.

Quoi de mieux que d’admirer un paysage majestueux en silence ? Se laisser envahir par la beauté d’un lieu, ressentir l’énergie des éléments et les émotions que cela nous procure  ?

Vous laisserez-vous tenter par une retraite silencieuse en 2024 ?

Les retraites spirituelles et de silence forment donc la nouvelle tendance des séjours bien-être cette année. La pandémie de COVID-19 et les confinements ont certainement joué leur rôle dans la naissance de cet engouement. Le développement du télétravail a à la fois contribué à replacer l’humain et son bien-être au centre des préoccupations. Se préserver, privilégier sa santé prévaut aujourd’hui. Dans le même temps, le travail n’est plus cantonné au bureau physique des entreprises. Il déborde aussi sur la sphère privée en pénétrant les murs de nos domiciles. Ordinateurs, smartphones, les sollicitations sont innombrables. Avec l’essor des réseaux sociaux, et des comportements associés, tels que la peur de manquer une information (Fear Of Missing Out), nous nous obligeons à rester connectés en permanence. Sans nous en rendre compte, nous polluons notre énergie. Ceux qui l’ont compris font du silence et de la méditation des moments privilégiés pour se recentrer. Se détacher des écrans pour mieux y revenir, plus efficaces. Et vous ? tenterez-vous un séjour de silence ou une détox digitale pour vos prochaines vacances ?